La perte de biodiversité menace la recherche médicale, prévient l'ONU
SINGAPOUR — Le monde risque de perdre de nouveaux traitements contre l'ostéoporose, le cancer et d'autres maladies humaines si des gestes ne sont pas posés rapidement pour protéger la biodiversité de la planète, a prévenu mercredi un responsable environnemental de l'Organisation des Nations unies.
Les organismes de la Terre recèlent une multitude de substances chimiques naturelles à partir desquelles les scientifiques pourraient développer de nouvelles thérapies. Ces organismes sont toutefois menacés d'extinction, a expliqué Achim Steiner, le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Il a ajouté que la société doit comprendre à quel point nos vies et notre économie dépendent déjà de la diversité de la vie, mais surtout ce qui est sacrifié en potentiel futur.
M. Steiner a fait ces commentaires lors d'une conférence organisée par l'ONU à Singapour pour le lancement d'un nouveau livre, "Sustaining Life", écrit par une centaine d'experts et qui met en lumière le coût potentiel pour la santé humaine lorsqu'une espèce disparaît.
Il a précisé que la science moderne est mieux placée que jamais pour comprendre l'ingéniosité dont la nature fait preuve.
Il a évoqué l'exemple d'une grenouille australienne qui élevait ses petits dans son estomac sans pour autant les digérer. Une analyse de ce phénomène aurait pu mener à de nouveaux traitements contre les ulcères chez l'humain, mais cette grenouille est maintenant disparue.
M. Steiner a expliqué que le livre se penche sur sept groupes d'organismes qui ont une valeur médicale potentielle ou connue, allant des plantes aux requins.
L'an dernier, l'organisme environnemental IUCN recensait 16 000 espèces menacées d'extinction.

